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Roi du bois, Roi des voix

Distribution:

Dominique Pinon, acteur récitant
2 ténors (Francisco Mañalich, NN)
Andreas Linos, viole de gambe et mise en espace
Rémi Cassaigne, luth et conception
Mathieu Dupouy, clavecin

Le Roi du Bois, texte minuscule et majeur de Pierre Michon, offre ses silences et ses éclats de voix comme écrin et tremplin aux immenses miniatures que sont les madrigaux à deux voix de Claudio Monteverdi. Et en retour, la musique qui s’efface invite à écouter l’intonation et la cadence du texte littéraire.

Le Baroque Nomade explore une voie de traverse pour faire entendre Monteverdi autrement. Le pari : la lecture inspirée de Dominique Pinon d’un texte du grand écrivain Pierre Michon détourne l’oreille vers la découverte d’un Monteverdi inouï, surprenant de liberté et de sauvagerie.

Le Roi du Bois fait entendre la voix d’un petit berger devenu peintre dans l’ombre de Claude le Lorrain, pensant par là devenir prince, déçu, qui règne désormais sur les bois du côté de Mantoue. Dans les madrigaux à deux ténors du VIIème livre (1619), Monteverdi anime des scènes véhémentes comme autant d’échos d’une Arcadie lointaine. Il vient de quitter Mantoue, veuf, on l’imagine suivant avec incertitude des chemins dans le brouillard. Dans l’écho d’Orfeo et plus encore peut-être d’Arianna, dont la mu- sique disparaîtra dans les flammes une dizaine d’années plus tard, il continue pourtant à affirmer sa modernité. Confrontés, deux maîtres de l’ornement et de la concision entrent en résonance, l’œuvre de l’un se répercutant et se révélant dans celle de l’autre, comme en une chambre d’écho.

En contrepoint de madrigaux à deux ténors de Claudio Monteverdi tirés du VIIème livre (Interrotte speranze, Soave libertate, Non vedro mai le stelle...) ou des Scherzi musicali (Zefiro Torna), on entendra des pièces trop rarement interprétées extraites des Vaghezze di Musica (1608) de Francesco Rasi – le ténor qui créa le rôle d’Orfeo.