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Microcosmos

Distribution:

Francisco Mañalich, ténor
Jean-Christophe Frisch, flûtes
Sharman Plesner, violon
Rémi Cassaigne, théorbe
Andreas Linos, viole de gambe
Francisco Mañalich, viole de gambe
Mathieu Dupouy, clavecin

Canons énigmatiques ou contrepoints aux renversements acrobatiques : les compositeurs du XVIe au XVIIIe siècles aiment à pratiquer un art qui les sépare du commun des mortels, et qu’ils partagent sous forme cryptée. Ainsi les canons présentés sous formes d’énigme que Bach a laissés toute sa vie derrière lui, sur le livre d’or d’amis compositeurs, ou comme preuve du caractère savant de son art. Ces secrets sont préservés dans des traités comme celui de Johann Theile, Musikalisches Kunstbuch, c’est-à-dire « Livre d’Alchimie Musicale » (ca1670-80), qui a circulé seulement sous forme manuscrite, dont une version que Bach a probablement consultée, copiée de la main de son cousin Johann Walther. De même les « expériences » réalisées par Romano Micheli au début du XVIIe siècle sur un madrigal de Marenzio.

Au-delà de l’harmonie qui charme l’ouïe, le grand chaudron canonique opère une transmutation de la matière sonore, qui révèle un ordre supérieur – car derrière le contrepoint, c’est la logique cosmique qui s’exprime, les proportions des intervalles renvoyant à celles des planètes, le macrocosme reflétant son image de perfection divine dans le microcosme musical.

Plus près de nous, Karlheinz Stockhausen (1928-2007) poursuit cette veine ésotérique avec son Tierkreis, une œuvre sérielle bâtie autour des douze signes du zodiaque, à l’instrumentation ouverte – ce qui permet aux instrumentistes du Baroque Nomade de se l’approprier.